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Moi et le mondeEntre (R)Evolution, fusion et rejet

Ecriture et théâtre - Créez un personnage et donnez-lui vie - 2 et 3 mai 2020 - Atelier "confiné"



« Con-fin-é »

« Con-fin-né »

Confin, et ?

Né fin con, ce Macron-Maquereau.

De trottoir en trottoir,

Zigzaguer.

De chaussée en chaussée,

Chassé-croisé.

Nulle part où poser mes pieds. Divaguer.

Les chants en dedans. Les laisser enfler, gonfler.

Les feuilles-facettes d’un monde qui salue en cœur.

Le pain aux bras, aux mains, bercée des petits-passants.

L’univers illumine les rues d’un mont où toute trace est sacrée.

La lumière qui se répand dans la souplesse de leurs gestes.

La traversée des courants qui fourmillent les marches. Ils passent. Dépassent. Repassent.

Tête baissée. Grouillant. Gargouillant.

Se présenter, baigné dans un puit de lumière dorée. Etre au regards.

Voir, s’amuser…

Être.

Le bleu des volets qui claquent.

Tant pis s’ils s’enferment.


Martha



Elle est en train de lessiver le sol quand la radio crachote : « à compter de ce soir, vous devez rester chez vous jusqu’à nouvel ordre. »

Elle doit se rendre au marché du village demain. Elle ira quand même. Ils n’ont plus rien à manger.

Le virus ne va pas lui sauter dessus pendant les 10 km à pied où elle ne croise que de rares animaux et de la poussière soulevée par les camions !

« C’est comme Ebola » se dit-elle « faut essayer de ne pas le croiser ».

Elle essore la serpillière et se remet à quatre pattes.

Elle doit finir avant que son mari ne rentre.

Elle ne sait jamais quelle sera son humeur donc mieux vaut qu’il ne trouve rien à redire.


Magali


Mike écoute la radio à bord de son voilier. Sa barbe d'ancien trappeur est blanche. "C'est la troisième" se dit-il. Cette fois, le confinement est mondial et immédiat. Son indifférence, face à sa vieillesse, depuis la mort de sa compagne emportée par la première, celle du Covid-19, ne le ralentit même pas de beurrer ses tartines.


Thibault


Au bout d’une semaine de béatitude pendant laquelle elle est restée essentiellement au lit avec son amoureux à déguster après leurs ébats la masse de provisions qu’ils se sont constitués chez le néo-épicier de luxe du coin. Pas de papier toilette, ni de désinfectant, mais en fine gueule qu’ils sont, de délicieux nectars. Mais le stock s’amenuise, qualité du breuvage baisse, gueule de bois, dégrisement. Ensuite, période frénétique, les rendez-vous sociaux pour se désengluer. Plaisir des rendez-vous virtuels. Mais surtout le plaisir des mini-raids qu’elle opère principalement de nuit ou parfois le jour. Plaisir de contrevenir à la loi, d’agir clandestinement, mais surtout d’éprouver sa liberté dans cette ville désertée.


Marie

(...) Zubna s’était réveillée au milieu de la nuit. (…)

La rue éclairait l’appartement vide. Le chat qui dormait à ses pieds bondit derrière la porte et se mit à feuler, hérissant ses poils, le dos rond. Zubna se glissa près de lui et regarda par l’œil de bœuf le pallier vide aussi éclairé par la lune. Elle frémit. Une créature devait être là qu’elle ne pouvait voir mais que le chat percevait. Si elle ouvrait la porte, qu’arriverait-il ? Etait-ce un animal ou une ombre d’homme perdue ? Car les ombres s’étaient détachées des hommes et les « aura » avaient commencé à avoir leur vie propre, laissant leurs propriétaires confinés chez eux, parfois englués dans leur écran jusqu’à plus soif.


Maya




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